Description de Sancerre de Léopold Bonnin : Carnaval


Carnaval ( Présent dans )(1)

Le Carnaval a toujours lieu à Sancerre. Je dois dire cependant que cet usage dégénère énormément. Dans ma jeunesse, c’est à dire de 1840 à 1850, les mascarades étaient nombreuses et tout se passait d’une manière à peu près convenable. Aujourd’hui le nombre de personnes qui prennent part à ces folies de la rue est lui plus restreint qu’autrefois et il convient de dire pour rendre hommage à la vérité que les mascarades actuelles sont plutôt attristantes que réjouissantes. En effet, le Mardi Gras et le Mercredi des Cendres on ne voit que des ivrognes courir les rues insultant par des allusions moins déguisés que leurs personnes tant qu’il y a de plus respectable ou bien des enfants de l’age le plus tendre à qui leurs parents laissent la liberté de se vautrer dans la boue et dans la compagnie de gens sans morale et sans retenue. Ce qu’il y a de plus triste, c’est que les mascarades , à Sancerre, sont devenues pour nos municipalités, un moyen de popularité. (2)

Par un arrêté du 12 février 1857, l’honorable Monsieur Bonnet , Maire, interdit toutes manifestations après le Mardi Gras , voulant de cette manière limiter au dimanche, au lundi et au mardi les scènes tumultueuses et démoralisatrices dans le carnaval est ordinairement l’occasion. Son arrêté approuvé par le Préfet du Cher soulève des critiques sans nombre, en lui reprocha d’arrêter le commerce, de renvoyer à Saint Satur le jour du Mercredi des Cendres toute la jeunesse du pays qui sans cela aurait dépensé son argent en ville. Etc… etc. Les cabaretiers , les seuls commerçants atteints par cet arrêté se faisaient surtout remarquer par la violence de leurs récriminations. Monsieur Bonnet fort de son droit et résolu à ne pas transiger avec ce qu’il considérait comme un devoir, tint bon et l’arrêté fut exactement exécuté jusqu’à la mort de le digne magistrat arrivé en 1865. Son successeur Monsieur Sifflet , maintint cet arrêté pendant toute la première période de son administration. C’est à dire jusqu’au 4 septembre 1870, époque à laquelle il démissionna. Monsieur Charlemagne Cassier qui lui succéda, prit à la date du 8 janvier 1873, en second arrêté annulant celui de 1857 et autorisant les mascarades le Mercredi des Cendres , à la grande joie de la partie turbulente de la population et des cabaretiers . (3)

Mais le 1er février 1875, Monsieur Sifflet se trouvant de nouveau à la tête de la municipale annule à son tour l’arrêté de 1873 et remet en vigueur les disposition de celui de 1857. Cette nouvelle situation dura jusqu’au 6 février 1877 date d’un autre arrêté pris par {Bonnin page : 22} Monsieur Cassier , revenu maire, et permettant la circulation des marques dans la ville jusqu’au Mercredi des Cendres , inclusivement. Nous vivons encore sans ce dernier régime. Combien de temps durera t-il ? C’est ce que l’avenir nous apprendra. (4)