Description de Sancerre de Léopold Bonnin : Mariages


Mariages ( Présent dans )(1)

Pour le culte catholique, les mariages ont lieu ordinairement le matin, vers dix heures, immédiatement après la cérémonie civile. La mariée se rend à l’église conduite par son père, le marié ferme la marche du cortège, conduisant la future belle mère. A sortie de l’église, la mariée prend le bras de son époux. (2)

Les mariages n’ont lieu ni pendant l’Avent, ni pendant le Carême dans le culte catholique romain, à moins cependant de cas graves. Une dispense de l’autorité ecclésiastique est alors nécessaire. Il ne s’en fait pour aussi dire pas non plus {Bonnin page : 12} pendant le mois de mai. Ce mois passe généralement chez nous pour être défavorables aux mariages. D’après quelques personnes, ce préjugé est un reste du payen et qui nous vient des romains qui célébraient dans le mois de mai des solennités funéraires instituées d’après Ovide , en l’honneur de Rémus et étendues ensuite à tous les ancêtres. Je suis d’un autre avis et je crois que c’est par respect et pour rendre honneur à la Très Sainte Vierge , à qui ce beau mois est spécialement consacré que nos jeunes filles se refusent à contacter mariage à cette époque de l’année. (3)

Jadis, à la veille des noces, la mariée et les filles d’honneur se cachaient sous le manteau des énormes cheminées du bon vieux temps devant laquelle on avait placé un drap. Le futur passait la main sous le drap et en touchant la main aux jeunes qui y étaient cachées, il devait reconnaître sa fiancée. (4)

Un autre usage qui existe encore de nos jours, mais qui heureusement tend à disparaître, consiste à porter la routie ou Fricassée aux nouveaux mariés trois ou quatre heures après qu’ils sont couchés, c’est à dire des tranches de pain grillés et trempés dans du vin chaud et fortement sucré, mais cette coutume plus qu’inconvenante ne se pratique guère plus que chez les vignerons et quelques familles d’ouvriers. (5)

Il y a une trentaine d’années, à peine, on faisait encore bénir pendant la cérémonie du mariage les treizains qui le comparaient suivant la fortune des époux de treize pièces de monnaie d’égale valeur. Chez les personnes riches c’étaient treize louis d’or, ou treize pièces de dix sous. Le montant des treizains faisait partie du don assuré par l’époux à sa femme. C’était un vestige des coutumes antiques. Chez les pays barbares le mari achetait son épouse des mains du père de famille. Chez les romains l’une des formes du mariage était aussi la vente. Chez les francs, les arrhes nuptiales étaient composées de treize deniers quelque soit d’ailleurs la fortune du fiancé. (6)

Aujourd’hui cet usage a presque entièrement pour ne dire complètement disparu le futur présente à la bénédiction de l’église une seule pièce de monnaie d’or, d’argent, suivant les moyens, présentant sur une face en emblème de mariage et l’autre une inscription rappelant les noms et prénoms des époux et la date de leur union. (7)

Les mariages protestants ont toujours lieu de deux à trois heures du soir. Après avoir reçu le consentement mutuel des époux le ministre leur adresse une allocution et leur remet gratuitement une bible pour être conservée dans la nouvelles famille. Les mariés reconnaissent ordinairement cette gracieuseté en invitant le pasteur, sa femme et sa lignée au repas de noces et en lui envoyant un cadeau proportion à leurs moyens. (8)